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Rachat de crédit : l'assurance repart de zéro, et ce n'est pas neutre
L'essentiel. Un rachat ou un regroupement de crédits éteint l'ancien prêt. L'assurance qui y était adossée prend fin avec lui.
Vous repassez donc une sélection médicale, à un âge plus élevé, avec un état de santé qui a pu évoluer. Ce que vous aviez obtenu ne se retrouve pas forcément.
Le point aveugle : un risque aggravé déjà accepté ou une exclusion déjà rachetée sont des acquis qui disparaissent.
Ce qui se passe mécaniquement
Un rachat de crédit consiste à faire souscrire un nouveau prêt qui rembourse le ou les anciens. Sur le plan juridique, l'ancien prêt est éteint, et le contrat d'assurance qui le garantissait n'a plus d'objet.
Le nouveau prêt appelle donc une nouvelle assurance, avec une nouvelle sélection. C'est là que se situe le vrai coût, et il n'apparaît sur aucune simulation.
Les trois choses que vous pouvez perdre
| Ce que vous aviez | Ce qui peut se passer au rachat |
|---|---|
| Un tarif calé sur votre âge à la souscription | Le nouveau tarif est calé sur votre âge actuel |
| Une acceptation malgré un antécédent | Nouvelle sélection : surprime, exclusion, voire refus |
| Une exclusion rachetée | Le rachat d'exclusion est à refaire, et à repayer |
Le cas le plus douloureux. Un emprunteur qui a obtenu, il y a huit ans, une couverture malgré un antécédent de santé, et qui rachète son crédit pour gagner 0,3 point de taux. Il découvre que le nouvel assureur ne l'accepte plus dans les mêmes conditions. Le gain sur le taux est réel ; la perte sur la couverture l'est aussi, et elle n'était chiffrée nulle part.
Ce qu'il faut faire, et dans quel ordre
L'ordre compte, parce qu'il évite l'irréversible.
- Avant tout engagement, faites établir une proposition d'assurance sur le nouveau prêt. Pas une estimation : une proposition ferme, avec les éventuelles surprimes et exclusions écrites.
- Comparez le coût total : le gain sur les intérêts contre le surcoût d'assurance sur la durée restante. Le second annule fréquemment le premier.
- Vérifiez le droit à l'oubli. Si votre antécédent est un cancer ou une hépatite C dont le protocole s'est achevé il y a plus de cinq ans, il n'a plus à être déclaré. Le rachat peut alors devenir favorable, précisément parce que la sélection repart.
- Ne résiliez rien tant que la nouvelle couverture n'est pas acquise et la nouvelle offre acceptée.
Le cas où le rachat améliore les choses
Il faut le dire, parce que c'est vrai et que peu de gens y pensent : la remise à zéro de la sélection médicale peut jouer en votre faveur.
C'est le cas si, depuis la souscription initiale :
- Vous êtes devenu non-fumeur depuis plus de vingt-quatre mois. L'écart de tarif est du simple au double.
- Un antécédent est désormais couvert par le droit à l'oubli, ramené à cinq ans par la loi du 28 février 2022.
- Une pathologie est entrée dans la grille de référence AERAS, régulièrement mise à jour.
- Vous avez changé pour un métier moins exposé.
Dans ces cas, la nouvelle sélection efface une surprime ou une exclusion ancienne. Le rachat devient alors doublement gagnant.
La solution que personne ne propose
Si votre objectif est uniquement de réduire votre mensualité, il existe un chemin beaucoup plus simple que le rachat : changer d'assurance sans toucher au prêt.
Depuis la loi du 28 février 2022, la substitution est possible à tout moment, sans frais, et sans que le prêt soit modifié. Elle ne remet en cause ni votre taux, ni votre garantie, ni votre tableau d'amortissement.
Sur beaucoup de dossiers, l'économie obtenue sur la seule assurance approche celle d'un rachat — sans indemnités de remboursement anticipé, sans frais de dossier, sans nouvelle garantie à financer, et sans remise à zéro de la sélection médicale.
Notre comparateur des deux leviers chiffre l'écart. C'est le premier calcul à faire avant d'envisager un rachat.
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Comparer les offresLes repères chiffrés
- 5 ans : le délai du droit à l'oubli depuis la loi du 28 février 2022, contre 10 ans auparavant.
- 24 mois : la durée sans nicotine exigée par la quasi-totalité des assureurs pour le statut non-fumeur.
- 420 000 € : le plafond de part assurée ouvrant droit à la convention AERAS.
Chacun de ces trois seuils peut faire basculer un rachat de perdant à gagnant. Vérifiez-les avant de calculer quoi que ce soit.
Questions fréquentes
Mon assurance actuelle continue-t-elle après un rachat ?
Non. Le rachat éteint l'ancien prêt, et le contrat d'assurance qui le garantissait n'a plus d'objet. Le nouveau prêt appelle une nouvelle assurance, avec une nouvelle sélection médicale.
Que se passe-t-il si ma santé s'est dégradée ?
Vous risquez une surprime, une exclusion, voire un refus, là où vous étiez couvert. C'est le principal coût caché d'un rachat, et il n'apparaît sur aucune simulation de gain.
Le rachat peut-il améliorer mon assurance ?
Oui, si votre situation s'est améliorée : vingt-quatre mois sans tabac, antécédent désormais couvert par le droit à l'oubli, pathologie entrée dans la grille AERAS, ou métier moins exposé.
Existe-t-il une alternative au rachat ?
Oui, et elle est souvent meilleure : changer d'assurance sans toucher au prêt. C'est possible à tout moment et sans frais, sans indemnités de remboursement anticipé et sans nouvelle sélection sur le crédit lui-même.
Dans quel ordre procéder ?
Obtenez d'abord une proposition d'assurance ferme sur le nouveau prêt, surprimes et exclusions écrites. Comparez ensuite le gain sur les intérêts au surcoût d'assurance. Ne résiliez rien avant que la nouvelle couverture soit acquise.
Immatriculation ORIAS en cours de traitement. Cet article présente le cadre applicable et ne constitue pas un conseil personnalisé.