AccueilLe coût › Capital initial ou restant dû

Capital initial ou capital restant dû : la ligne qui double la facture

Mis à jour le Rédigé par la rédaction d'Ecoprêt Lecture : 8 min

L'essentiel. Deux contrats affichant le même taux peuvent coûter très différemment, selon que ce taux s'applique au capital emprunté au départ ou au capital qu'il vous reste à rembourser.

Sur capital initial, la cotisation est constante. Sur capital restant dû, elle décroît à mesure que vous remboursez.

Le point contre-intuitif : l'écart entre les deux est faible les premières années et se creuse ensuite. Votre horizon de revente change donc la conclusion.

Les deux mécanismes

Le taux d'assurance ne s'applique pas toujours à la même chose. C'est une information qui figure dans la notice, jamais dans l'accroche commerciale.

Les deux mécanismes
Capital initialCapital restant dû
Base de calculLe montant emprunté au départ, figéLe capital qu'il reste à rembourser, recalculé
CotisationConstante toute la duréeDécroissante
Fréquent chezLes contrats groupe bancairesLes délégations individuelles
LisibilitéSimple : une seule mensualitéVariable d'une année sur l'autre

Sur le papier, le capital restant dû semble toujours gagnant, puisque la base diminue. En pratique, c'est plus subtil : les contrats sur capital restant dû affichent souvent un taux plus élevé, précisément parce que leur assiette se réduit.

Le point que personne ne calcule

Voici le raisonnement qui manque partout ailleurs.

Dans un prêt amortissable classique, le capital se rembourse lentement au début — les premières échéances sont composées majoritairement d'intérêts — puis de plus en plus vite. Après huit ans sur un prêt de vingt-cinq ans, il vous reste encore une très grande partie du capital.

Conséquence directe : pendant les premières années, le capital restant dû est proche du capital initial. Les deux formules produisent donc des montants voisins. Ce n'est que dans la seconde moitié du prêt, quand le capital fond réellement, que la formule décroissante prend l'avantage.

L'enseignement pratique. Si vous revendez au bout de huit ans — l'ordre de grandeur de la durée réelle de détention en France —, l'écart entre les deux formules est faible. Si vous gardez le prêt jusqu'à son terme, il devient considérable.

Autrement dit : la question « capital initial ou capital restant dû » n'a pas de réponse universelle. Elle a une réponse par emprunteur, qui dépend d'une variable que personne ne vous demande jamais — combien de temps comptez-vous garder ce prêt.

Pourquoi la loi impose un chiffre à huit ans

Ce n'est pas un hasard si l'article L.313-8 du Code de la consommation impose au prêteur d'afficher le coût de l'assurance « sur une durée de huit ans et sur la durée totale du prêt ».

Le législateur a retenu ce repère parce qu'il correspond mieux à la réalité des parcours immobiliers que la durée contractuelle. Et c'est exactement le chiffre qui permet de trancher entre deux modes de calcul.

La question à poser à votre banque ou à votre courtier tient donc en une phrase : « Quel est le coût total en euros sur huit ans, et sur quelle base est-il calculé ? » Elle est légitime, elle est prévue par la loi, et elle met fin à la discussion sur les taux affichés.

Les autres différences à connaître

En cas de remboursement anticipé, un contrat sur capital restant dû s'ajuste mécaniquement, alors qu'un contrat sur capital initial continue de facturer sur une base qui n'existe plus. Vérifiez ce que prévoit la notice.

En cas de renégociation ou de rachat du prêt, la base de calcul se remet à zéro sur le nouveau capital. Un contrat sur capital initial retrouve alors une assiette cohérente.

Pour la trésorerie du ménage, la cotisation constante est plus prévisible ; la cotisation décroissante allège les fins de prêt, au moment où d'autres charges apparaissent souvent.

Comment décider

Notre comparateur taux ou assurance intègre cette variable de durée de détention, parce que c'est elle qui décide.

Comparez les contrats adaptés à votre situation

Gratuit, sans engagement, sans toucher à votre crédit.

Comparer les offres

Les repères chiffrés

Ces trois chiffres se combinent : c'est parce que le prêt court jusqu'à 25 ans et que la détention réelle tourne autour de 8 ans que la question de l'assiette de calcul se pose.

Questions fréquentes

Quelle formule est la moins chère ?

Cela dépend de la durée pendant laquelle vous gardez le prêt. Sur les premières années les deux se ressemblent, car le capital restant dû est encore proche du capital initial. Sur la durée totale, la formule décroissante l'emporte nettement.

Comment savoir sur quelle base mon contrat calcule ?

C'est indiqué dans la notice d'information, pas dans le devis. Cherchez la définition de l'assiette de cotisation. Si le montant de votre cotisation est identique tous les mois depuis le début, c'est un calcul sur capital initial.

Le TAEA règle-t-il la question ?

En grande partie, oui. Le TAEA exprime le coût réel rapporté au crédit, ce qui neutralise la différence d'assiette. C'est pour cela qu'il faut comparer des TAEA, jamais des taux bruts.

Et en cas de remboursement anticipé ?

Un contrat sur capital restant dû s'ajuste automatiquement à la baisse. Un contrat sur capital initial peut continuer à facturer sur une base qui ne correspond plus à votre dette réelle : vérifiez ce que prévoit la notice.

Pourquoi la loi impose-t-elle un coût affiché sur huit ans ?

Parce que la durée réelle de détention d'un bien immobilier est bien inférieure à la durée des prêts. C'est le repère le plus proche de ce que la plupart des emprunteurs paieront réellement, et il permet de trancher entre deux modes de calcul.

Immatriculation ORIAS en cours de traitement. Cet article présente le cadre applicable et ne constitue pas un conseil personnalisé.

Comparer les offres