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Assurance de prêt pour kinésithérapeute : vos mains ne valent que ce que dit la définition d'invalidité

Mis à jour le Rédigé par [Auteur — ORIAS n° à compléter] Lecture : 9 min

L'essentiel. Une tendinopathie chronique de l'épaule ou du poignet peut mettre fin à votre carrière de kinésithérapeute. Elle ne vous vaudra jamais les 66 % d'invalidité exigés par la garantie IPT.

Tout se joue donc sur un seul mot du contrat : l'invalidité est-elle appréciée par rapport à votre profession, ou par rapport à toute profession ? Dans le second cas, votre garantie est presque vide.

Et comme la profession s'exerce très majoritairement en libéral, la franchise décide du reste.

Le risque spécifique : votre outil de travail, ce sont vos membres supérieurs

Un kinésithérapeute mobilise ses mains, ses poignets, ses coudes et ses épaules plusieurs heures par jour, contre résistance. Les troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs — tendinopathie de la coiffe des rotateurs, épicondylite, syndrome du canal carpien, arthrose des articulations de la main — sont la pathologie professionnelle emblématique du métier. S'y ajoutent les lombalgies liées aux postures de transfert.

Le problème n'est pas qu'un assureur refuse de vous couvrir. C'est que la couverture proposée ne correspond pas à la façon dont votre carrière peut s'arrêter.

Le mot qui vide votre contrat

Toutes les garanties d'invalidité reposent sur un taux, généralement fixé à 66 % pour déclencher l'IPT. Mais ce taux se mesure de deux façons radicalement différentes selon les contrats :

DéfinitionCe qu'elle implique pour vous
Par rapport à la profession exercée Vous êtes considéré invalide si vous ne pouvez plus exercer comme kinésithérapeute. Une épaule définitivement abîmée ouvre droit à la garantie. C'est ce qu'il vous faut.
Par rapport à toute profession Vous n'êtes invalide que si vous ne pouvez plus exercer aucun métier. Avec une épaule hors service, vous pouvez encore tenir un accueil ou enseigner : l'assureur ne verse rien, et le prêt reste entier.

C'est le critère le plus discriminant de tout votre contrat, bien avant le prix. Cherchez dans la notice la définition de l'invalidité et vérifiez si elle mentionne « la profession exercée », « la profession déclarée » ou « toute profession ». Un écart d'un mot, un écart de plusieurs centaines de milliers d'euros.

Votre contrat parle-t-il de « la profession exercée » ou de « toute profession » ?

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Le trou entre l'ITT et l'IPT

Deuxième mécanisme à connaître. Votre contrat couvre :

Une tendinopathie chronique consolidée à 40 % d'invalidité vous place exactement entre les deux : l'ITT s'arrête parce que votre état est stabilisé, l'IPT ne se déclenche pas parce que vous êtes sous le seuil. Vous ne pouvez plus travailler et vous n'êtes pas couvert.

La parade s'appelle la garantie IPP — invalidité permanente partielle — qui prend le relais entre 33 % et 66 %. Vérifiez qu'elle figure au contrat.

Libéral : la franchise décide de tout

La kinésithérapie s'exerce très majoritairement en libéral. Aucun maintien de revenu, mais des charges qui continuent : loyer du cabinet, cotisations, matériel, éventuellement un collaborateur.

Une franchise de 90 jours signifie trois mois sans honoraires et sans indemnité. Visez 30 jours, quitte à payer davantage : c'est la ligne du contrat qui aura le plus d'effet concret sur votre vie.

Attention au cumul avec votre prévoyance Madelin. Si vous avez déjà un contrat de prévoyance qui couvre vos arrêts de travail, un contrat d'assurance de prêt indemnitaire risque de ne rien verser — puisqu'il ne comble qu'une perte de revenu déjà compensée. Vous paieriez deux fois pour une seule indemnisation. Dans cette configuration, exigez du forfaitaire.

Et pour les ostéopathes

L'ostéopathie exclusive ne relève pas du même statut réglementaire que la masso-kinésithérapie. Certains assureurs la traitent différemment, d'autres l'assimilent. Si vous exercez les deux, déclarez les deux : c'est l'activité réelle qui compte, pas l'intitulé du diplôme.

La liste à vérifier avant de signer

  1. Définition de l'invalidité — profession exercée ou toute profession ? Le point n° 1.
  2. Garantie IPP — présente entre 33 % et 66 % ?
  3. Franchise ITT — 30 jours si vous êtes libéral.
  4. Affections dorsales — exclues, conditionnées, ou couvertes ?
  5. Mode d'indemnisation — forfaitaire si vous avez déjà une prévoyance.
  6. Âge de fin des garanties — souvent 65 ans. Votre prêt s'arrête-t-il avant ?

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Questions fréquentes

Une tendinite chronique m'empêche d'exercer. Suis-je couvert ?

Cela dépend entièrement de la définition de l'invalidité de votre contrat et de la présence d'une garantie IPP. Avec une définition « toute profession » et sans IPP, la réponse est très probablement non.

J'ai déjà une prévoyance Madelin. Dois-je quand même assurer mon prêt ?

Oui, la banque l'exige pour le décès et la PTIA. Mais choisissez un contrat forfaitaire, sinon votre garantie incapacité risque de ne jamais rien verser du fait de votre prévoyance existante.

Puis-je faire racheter l'exclusion des affections dorsales ?

Souvent oui, en délégation, moyennant une surprime. Sur un métier manuel, c'est généralement l'arbitrage le plus rentable du contrat.

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[Prénom Nom] — Courtier en assurance Immatriculé ORIAS n° [à compléter]. Cet article présente le cadre applicable et ne constitue pas un conseil personnalisé.
Sources
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